Mildiou

LE MILDIOU


En viticulture biologique, les produits de traitement sont peu nombreux ; nous ne les utilisons qu’à titre préventif. Notre métier pourrait se résumer à un seul mot : prévoir, sans cesse prévoir. Selon le temps qu’il fait, l’humidité de l’air, la température du jour et de la nuit, la vigne peut réagir de telle ou telle façon. Nous passons notre vie à garantir son équilibre et l’aidant à conserver ce que les gifles du temps peuvent lui enlever.


Cela suppose de réfléchir en terme de globalité : il y a la plante, objet de toute notre attention, mais aussi le sol et le sous-sol qui la nourrissent, les saisons… la nature fonctionne de la même manière depuis le fond des âges. Nous avons appris bon nombre de ses langages ; au lieu d’ouvrir un paquet de perlimpinpin magique, nous entrons dans l’ancestrale logique de la vigne, et nous travaillons avec elle. C’est pour cela, par exemple, que nous la faisons voisiner avec des céréales ou des légumineuses qui favorisent l’aération de la terre, entre autres. Les bactéries s’y multiplient, grâce à tout cela, elle assimile mieux les minéraux capturés par son système racinaire.


La vie des plantes n’est jamais paisible. Parfois, il  nous faut lancer nos bataillons contre certains tueurs sans pitié. Le mildiou en particulier. Il s’agit d’un champignon minuscule qui s’attaque à tous les organes de la vigne : feuilles, bois, raisins, au point de détruire une récolte entière si l’on ne réagit pas.


Pour combattre le mildiou, la viticulture bio préconise la bouillie bordelaise, qui mélange un cinquième de cuivre-métal et quatre cinquièmes de carbonate de calcium. Les détracteurs du bio nous accusent d’en empoisonner la terre. Il y a deux ou trois générations, ils auraient eu raison : nos grands-pères avaient la main lourde, 30 ou 40 kg de cuivre-métal par hectare ne leur faisaient pas peur. Depuis, nous avons appris l’art de la juste dose. Sur le domaine  de Bellegrave, depuis notre passage au bio il y a cinq ans, nous utilisons en moyenne 4,5kg de cuivre-métal par hectare et par an. Le sol n’en souffre aucunement.


Pour éviter le mildiou, il faut savoir qu’il prolifère par temps humide. Donc nous intervenons préventivement avant l’arrivée d’une perturbation : la pluie, en plaquant les spores du champignon sur la vigne, est la plus grande responsable des contaminations. De la pousse à la floraison, nous traitons  tous les huit à dix jours. Comme tous ses congénères, le mildiou vit mieux à l’obscurité : nous sommes particulièrement attentifs à l’approche de la nouvelle lune. Rien de mystique là-dedans, juste le résultat de l’observation de la nature.


En bref, le cuivre est, à ce jour, la seule arme satisfaisante contre le mildiou qui, jusqu’ici, n’a trouvé aucun moyen de lui résister, et en plus, il agit sur toutes les formes de cette infernale maladie cryptogamique.

Rédigé le  2 juillet 2014 9:05  -  Lien permanent

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